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    Le musée Sainte-Croix

    La Préhistoire (-12000 av. J.-C. – 1er s. av. J.-C.)

    Les collections de Préhistoire du Musée Sainte-Croix comportent plus d’un million de pièces, témoins de 400 000 ans d’histoire locale. Les plaquettes gravées de la grotte de La Marche constituent un ensemble remarquable de l’art magdalénien, de renommée internationale.  
    La fin du Néolithique, mise en exergue à travers le site du Camp Allaric (Aslonnes, Vienne), est une période riche en innovations technologiques telles que la céramique et la métallurgie. Les dépôts de l’Âge du Bronze (Notre-Dame d’Or, Le Verger-Gazeau, Vénat) et le mobilier funéraire du premier Âge du Fer (sépulture du Mia) sont les témoins de la haute maitrise de l’art de fondre et couler le métal en Poitou.

    La grotte de La Marche

    Située dans la commune de Lussac-les-Châteaux, la grotte de La Marche fut explorée de 1937 à 1942. Les recherches permirent de mettre au jour une importante occupation préhistorique datée du magdalénien moyen (vers 12000 av. J.-C.). Les fouilleurs découvrirent près de 1 500 blocs et plaquettes gravées ainsi qu’une grande quantité d’éléments de parure.
    Outre les nombreuses représentations d’animaux, l’intérêt des œuvres gravées de la grotte de La Marche réside dans la quantité et la qualité des représentations humaines qui ont livré nombre d’informations sur les parures et ornements.

    Tombe de Mia

    Cette sépulture féminine datée du milieu du 6e siècle avant J.-C. fut découverte en 1937 dans une carrière de sable située au lieu-dit « Le Mia » à Aillé, dans la commune de Saint-Georges-Lès-Baillargeaux.
    Elle a livré une parure exceptionnelle dont un torque massif, quatre bracelets, un brassard composite, constituant un ensemble unique et remarquable.

     

     

    Parure, milieu 6e s. av. J.-C.Alliage cuivreux. Sépulture du Mia, Saint-Georges-les-Baillargeaux (Vienne). ©Musées de Poitiers / Ch. Vignaud.

     

     

    L’Antiquité gallo-romaine (1er s. av. J.-C. – 5e s.)
     

    Présentées autour des vestiges gallo-romains mis au jour lors de la construction du musée, de riches collections antiques  témoignent du passé prestigieux de Lemonum, nom antique de Poitiers.  

    Le trésor de Chevanceaux rappelle que les Pictons (un des peuples de Gaule) frappèrent monnaie, avant que ne s’impose le monnayage des empereurs. Des offrandes déposées dans une tombe d'Antran évoquent la romanisation du Poitou dès l'époque d'Auguste. La riche collection lapidaire d'où se détache la statue de marbre d’Athéna, d'inspiration grecque, née des mains d'un artiste de Rome à l'époque augustéenne, renvoie à l’apogée de la capitale pictonne. La verrerie tient une belle place au sein des collections, issue pour l'essentiel de la nécropole des Dunes.

    Objets de toilette : balsamaires en verre, cure-dent, cure-oreille et pince à épiler en bronze. Époque antique. Provenance diverses (Vienne). ©Musées de Poitiers / H. Maertens, Bruges.

     

    Le Moyen Âge (5e – 13e s.)
     

    Le haut Moyen Âge

    Les remarquables sculptures de l’hypogée des Dunes, site mérovingien d’exception, seront exposées fin 2017 dans un espace dédié aux premiers arts chrétiens. Y trouve également place l'étonnant décor de stucs de Vouneuil-sous-Biard que l’on peut rapprocher de ceux de Ravenne en Italie.

    L’âge roman

    Quelques marches invitent à une mystérieuse et belle introduction à la ville médiévale des comtes de Poitou :
    Les collections présentent des inscriptions et des œuvres sculptées, héritées d'édifices parfois disparus tels que Saint-Nicolas de Poitiers, l'église médiévale de l'abbaye Sainte-Croix ou l'abbaye de Nanteuil-en-Vallée. Le chapiteau de La Dispute, œuvre majeure de l’art roman, proviendrait quant à lui du pilier de justice du bourg Saint-Hilaire.  Parmi les arts du feu, le vase-reliquaire de l'abbaye de Saint-Savin est un rarissime témoin d'une production de verres bleus de prestige soufflés au 11e siècle, dans un atelier encore inconnu d'Europe occidentale.

    Chapiteau dit de La Dispute, dernier quart du 11e s., calcaire, Poitiers (Vienne). ©Musées de Poitiers, S. Coussay.

     

    L’art ancien (14e – 18e siècles)
     

    Les fonds d’œuvres d’art ancien constituent un ensemble très riche qui, outre de nombreux chefs-d’œuvre peints, comprend du mobilier (cabinets d’ébène, commodes Louis XV, fauteuils…), des céramiques variées (faïences de Delft, Nevers, Rouen…), des émaux limousins, de l’orfèvrerie, un important fonds d’arts graphiques, des vestiges sculptés de la plus haute qualité (château de Bonnivet).

    Chantier des collections oblige, peu de ces pièces sont actuellement visibles. Au gré des accrochages, le parcours chronologique - récemment repensé - permet ainsi la découverte du Trecento (fragments d’un polyptyque italo-byzantin par Paolo Veneziano) ainsi que du Siècle d’Or des écoles du Nord, dont des natures mortes (Ambrosius Bosschaert), des paysages flamands et hollandais (Daniel Seghers, Marten Van Valkenborch, entourage de Brueghel de Velours), des scènes de genre (Téniers le Jeune), des scènes religieuses (Hendrick Bloemaert), de la peinture d’Histoire italienne et française (grands formats de Giovanni Lanfranco, Jean-Baptiste Marie Pierre).

    Anonyme, Le festin de Balthazar, début du 17e siècle. ©Musées de Poitiers / Ch. Poitiers

     

    L’histoire locale

    Aux côtés de l’œuvre monumentale de Nautré, l'effigie de la Grand' Goule, monstre effrayant, rappelle les grandes heures de la Ville de Poitiers, et notamment la "légende dorée" de sainte Radegonde, fondatrice de l'abbaye Sainte-Croix, patronne de Poitiers vénérée dans toute la région.
     

    Jean Gargot, Grand'Goule, 1677. ©Musées de Poitiers / H. Maertens, Bruges.

     

    Le 19e siècle

    Le parcours s’organise selon les grands courants artistiques d’un siècle de transformations sociales, urbaines et artistiques profondes.

    Aux néo-classiques inspirés par l’Antiquité (Louis Gauffier, Augustin Pajou, Jean Broc), succèdent les partisans de la ligne associée à la couleur et teintée d’une sensualité naissante (Jean-Dominique Ingres, Hyppolite Flandrin, Amaury-Duval, Léopold Burthe). Les grands formats rappellent l’art du Salon - portraits, paysages et scènes historiques (Alphonse Teytaud, André Brouillet, Aimé Octobre) - et voisinent avec les œuvres orientalistes (Théodore Chassériau, Eugène Fromentin, François-Auguste Biard) ou historicisantes (Gustave Housez). Les marbres (James Pradier) et bronzes (Antoine-Louis Barye, Auguste Rodin) ponctuent la visite avec un fonds exceptionnel d’œuvres de Camille Claudel. Un palier présente le courant symboliste fin de siècle (Odilon Redon, Eugène Carrière, Bernhard Hoetger) autour d’une monumentale Sirène signée Gustave Moreau. Enfin, les paysages de Pierre-Henri de Valenciennes, Eugène Boudin, Charles Lacoste ou Stanislas Lépine scandent l’évolution de ce thème tout au long du siècle, entre classicisme et modernité.

    Gustave Moreau, La sirène et le poète, 1895. ©Musées de Poitiers / Ch. Vignaud.

    Camille Claudel

    Modèle, collaboratrice et compagne d’Auguste Rodin (1840-1917), Camille Claudel (1864-1943) a accepté puis sublimé l’influence du Maître. Entre tourment et légèreté, volupté et sensualité, influences de la Renaissance italienne et accents Art Nouveau, ses œuvres dévoilent un art très personnel dont les qualités plastiques et l’expressivité lui valent d’être considérée comme un des plus grands sculpteurs modernes.
    Le Musée Sainte-Croix expose à ce jour, avec sept sculptures dont la célèbre Valse, le troisième ensemble le plus important en France après celui du musée Rodin à Paris et la récente ouverture du musée Claudel de Nogent-sur-Seine. Les œuvres de Camille Claudel du Musée Sainte-Croix, dont certaines sont reproduites en 3D, font l’objet d’une exposition virtuelle sur le site alienor.org

    Camille Claudel, La Valse, 1893, bronze (fonte Blot, 1905). ©Musées de Poitiers / Ch. Vignaud.

     

    L’art moderne au 20e siècle

    Trois petits formats de peintres majeurs ouvrent la section, du 20e siècle. Pierre Bonnard et Édouard Vuillard poursuivent les recherches décoratives et les subtiles audaces de mise en page initiées à la fin du siècle précédent. Dans un paysage de sa Hollande natale, Piet Mondrian amorce une schématisation géométrique qui le mènera vers l’abstraction.
    Jean Puy, Henri Doucet et Jean Fautrier prolongent les leçons cézanniennes par un traitement pictural vigoureux aux volumes synthétiques.

    Le parcours offre un riche panorama de l’art de l’entre-deux-guerres, au cœur de modernités autres que le cubisme, le futurisme ou l’abstraction pure. Il équilibre sculpture et peinture, grands mouvements figuratifs et expressions singulières, avec une tonalité féminine marquée.

    À l’expressionnisme de Rodin et à l’originalité de Claudel succède, après la Grande Guerre, un certain retour au style, des bustes de Robert Wlérick à la plénitude lisse des Nymphes d’Aristide Maillol. À l’entrée du musée, le grand relief d’Evariste Jonchère pour le Théâtre de Chaillot est emblématique de l’Art déco, comme les toiles de Pierre Ducos de la Haille, ou le lumineux ensemble des verres de Maurice Marinot. Albert Marquet assagit les stridences fauves de ses débuts dans une palette raffinée.
    En un joyeux assemblage surréaliste, la Petite tortue de Max Ernst scrute les cubes métaphysiques de Kay Sage, familière de Giorgio de Chirico.

    Les écritures figuratives singulières vont de la verve d’Alfred Courmes aux galeries de portraits mondains de Romaine Brooks, en camaïeux de gris (La Vénus triste, Gabriele d’Annunzio), et de Sarah Lipska, à la rudesse primitiviste (La Marquise Casati, Colette).

    Sarah Lipska, Buste de la princesse Nathalie Paley, vers 1930, bois et porcelaine. ©Musées de Poitiers / Ch. Vignaud.